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CRA 2016 au jour le jour : Samedi 26 novembre, cinéma La Pléiade, Cachan

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Soirée hommage  à Sotigui Kouyaté.

Le grand acteur burkinabé de théâtre et de cinéma, le griot, musicien et conteur,  décédé en 2010, était  parmi nous ce samedi  26 novembre.  D’abord de nombreuses photographies, projetées sur l’écran, présentaient aux spectateurs, dès leur entrée dans la salle, son personnage charismatique dans ses multiples rôles. Puis Lise Doussin, présidente de l’association Afrique sur Bièvre,  retrace  la longue carrière de Sotigui Kouyaté en insistant sur sa dimension de griot, dépositaire de la tradition et de la sagesse d’une longue lignée. Elle avait auparavant accueilli Esther Marty Kouyaté, son épouse, directrice artistique de “La voix du griot” et Dani Kouyaté, son fils, réalisateur, ainsi que Catherine Ruelle venue témoigner de son amitié de longue date pour Sotigui et la famille  Kouyaté.  Ces derniers vont à leur tour évoquer Sotigui , sa carrière, sa personnalité, des épisodes de vie privés et professionnels et leur sourire, au delà de l’admiration et de l’affection que leurs propos traduisent,  montre à quel point la  présence de Sotigui fut pour eux une source de lumière. Le court-métrage Errance, projeté en début de séance, fait très bien ressentir l’aura qui entoure  cet artiste hors du commun.

Sia, le rêve du python, est le deuxième long métrage réalisé par Dani avec son père comme interprète, mais c’est un projet tout personnel que le cinéaste a mis en scène. Partant d’un célèbre mythe soninké du 7e siècle, encore présent dans l’imaginaire de ses compatriotes, il le revisite en analysant les formes aliénantes que peut revêtir le pouvoir et sa relativité,  et propose métaphoriquement  des moyens de s’en affranchir. Cette réflexion sur le politique, que le réalisateur a explicitée lors du débat par rapport à la situation de son pays, a été bien perçue par le public. Celui-ci, par ailleurs, a apprécié la trame narrative du mythe  et la beauté des décors et des costumes. Quatre d’entre eux étaient exposés sur la scène et Esther a raconté les étapes de leur création.

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Avec London River, réalisé en 2009 par Rachid Bouchared, le public était plongé dans l’actualité plus récente des attentats terroristes.  Ils ont frappé la capitale britannique dans le film, mais ils éveillent évidemment des échos. la situation de cette histoire à Londres permet en tout cas de faire se rencontrer deux parents à la recherche de leurs enfants dont ils sont sans nouvelles, et deux acteurs remarquables, par leur talent et la profonde humanité qu’ils incarnent. Le longiligne et réservé Ousmane, doté d’une force tranquille, noir, garde-chasse venu de France, et Elisabeth, la cultivatrice spontanée et sensible de Guernesay, vont se rapprocher dans leur quête commune. La mère écorchée vive va oublier ses préjugés et admettre qu’Ousmane  et elle,  au delà de leurs différences de culture, partagent la même angoisse, les mêmes espoirs et la même douleur. Ils peuvent se comprendre et devenir des amis, et ainsi cultiver la mémoire commune de leurs enfants qui s’aimaient. Les nombreux applaudissements de la salle à l’issue de la projection étaient éloquents.

 

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